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mardi 31 mars 2026

Dans l'ombre de ton bonheur

Dans l'alcôve de mes jours assombris,
Ton rire éclate, lumière inattendue,
Et comme un lys qui perce la nuit,
Ton sourire, ô ma fille, illumine ma vie.

Les heures s'écoulent, furtives et vaines,
Mais l'instant où tes bras s'ouvrent pour moi,
Est un havre où l'ennui s'efface,
Et mon cœur, alors, t'écoute, apaisé.

Tes yeux, deux lacs de jouvence profonde,
M'invitent à plonger dans leur mystère,
Et je m'y perds, heureux et confondu,
Dans le rayonnement de ton regard candide.

Ton front, où le bonheur fait son nid,
Est pour moi un asile contre les vents,
Et quand tu poses ta main sur la mienne,
Je sens le monde avec calme s'éteindre.

Oh, combien je t'aime, enfant de mon sang,
Fleur de mon automne, bourgeon plein de promesses,
Tu es la saison qui rend les autres belles,
L'eau qui fait reverdir mon jardin intérieur.

Dans le silence de la nuit qui tombe,
Je veille sur ton sommeil, tendre et calme,
Et je sens, près de toi, que rien ne peut être
Plus sacré que l'amour qui est en nous gravé.


mercredi 8 janvier 2025

Je choisis de t'aimer...

Je choisis de t'aimer en silence,
car en silence, je ne trouve aucun rejet.

Je choisis de t'aimer dans la solitude,
car dans la solitude, personne ne t'appartient, sauf moi.

Je choisis de t'adorer de loin,
car la distance me protège de la douleur.

Je choisis de t'embrasser dans le vent,
car le vent est plus doux que mes lèvres.

Je choisis de te retenir dans mes rêves
car dans mes rêves, tu n'as pas de fin...

mardi 17 novembre 2020

Le Poison

Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
D'un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d'un portique fabuleux
Dans l'or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

L'opium agrandit ce qui n'a pas de bornes,
Allonge l'illimité,
Approfondit le temps, creuse la volupté,
Et de plaisirs noirs et mornes
Remplit l'âme au-delà de sa capacité.

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remord,
Et, charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort !

dimanche 1 novembre 2020

Un homme est mort…

Un homme est mort qui n’avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route
Que celle où l’on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l’oubli
 
Car tout ce qu’il voulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd’hui
Que le bonheur soit la lumière
Au fond des yeux du fond du cœur
Et la justice sur la terre
 
Il y des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d’amis
Ajoutons-y Péri
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
Tutoyons-nous son espoir est vivant
Poème hommage de Paul Eluard à Gabriel Péri, assassiné par l'obscurantisme et l'intolérance le 15 décembre 1941


Certains n'ont rien appris et poursuivent des croisades d'intolérance et assassinent qui peut ouvrir les regards et les esprits, qui peut critiquer le joug des rétrogrades ignares et lâches qui se servent de prétextes religieux pour asservir leurs semblables. Grandir c'est accepter et surmonter ses peurs et ses lacunes. Grandir, c'est apprendre. On grandit quand tout le monde grandit et non quand on avilit les autres à des dogmes qui ont perdu tout leur sens. Tant qu'il y aura de la vie et des hommes comme Samuel Paty, il y aura de la lumière pour éclairer les plus vils noirceurs de l'homme et montre la voix du véritable salut: celui de la connaissance de soi et des autres, celui du savoir vivre ensemble.


dimanche 6 septembre 2020

Où donc est le bonheur ?

 Sed satis est jam posse mori.

Mais c'est déjà assez d'être mortel.
Lucain

Où donc est le bonheur ? disais-je. — Infortuné !
Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l'avez donné.

Naître, et ne pas savoir que l'enfance éphémère,
Ruisseau de lait qui fuit sans une goutte amère,
Est l'âge du bonheur, et le plus beau moment
Que l'homme, ombre qui passe, ait sous le firmament !

Plus tard, aimer, — garder dans son cœur de jeune homme
Un nom mystérieux que jamais on ne nomme,
Glisser un mot furtif dans une tendre main,
Aspirer aux douceurs d'un ineffable hymen,
Envier l'eau qui fuit, le nuage qui vole,
Sentir son cœur se fondre au son d'une parole,
Connaître un pas qu'on aime et que jaloux on suit,
Rêver le jour, brûler et se tordre la nuit,
Pleurer surtout cet âge où sommeillent les âmes,
Toujours souffrir ; parmi tous les regards de femmes,
Tous les buissons d'avril, les feux du ciel vermeil,
Ne chercher qu'un regard, qu'une fleur, qu'un soleil !

Puis effeuiller en hâte et d'une main jalouse
Les boutons d'orangers sur le front de l'épouse ;
Tout sentir, être heureux, et pourtant, insensé !
Se tourner presque en pleurs vers le malheur passé ;
Voir aux feux de midi, sans espoir qu'il renaisse,
Se faner son printemps, son matin, sa jeunesse,
Perdre l'illusion, l'espérance, et sentir
Qu'on vieillit au fardeau croissant du repentir !
Effacer de son front des taches et des rides ;
S'éprendre d'art, de vers, de voyages arides,
De cieux lointains, de mers où s'égarent nos pas ;
Redemander cet âge où l'on ne dormait pas ;
Se dire qu'on était bien malheureux, bien triste,
Bien fou, que maintenant on respire, on existe,
Et, plus vieux de dix ans, s'enfermer tout un jour
Pour relire avec pleurs quelques lettres d'amour !

Vieillir enfin, vieillir ! comme des fleurs fanées
Voir blanchir nos cheveux et tomber nos années,
Rappeler notre enfance et nos beaux jours flétris,
Boire le reste amer de ces parfums aigris,
Être sage, et railler l'amant et le poète,
Et, lorsque nous touchons à la tombe muette,
Suivre en les rappelant d'un œil mouillé de pleurs
Nos enfants qui déjà sont tournés vers les leurs !

Ainsi l'homme, ô mon Dieu ! marche toujours plus sombre
Du berceau qui rayonne au sépulcre plein d'ombre.
C'est donc avoir vécu ! c'est donc avoir été !
Dans la joie et l'amour et la félicité
C'est avoir eu sa part ! et se plaindre est folie.
Voilà de quel nectar la coupe était remplie !

Hélas ! naître pour vivre en désirant la mort !
Grandir en regrettant l'enfance où le cœur dort,
Vieillir en regrettant la jeunesse ravie,
Mourir en regrettant la vieillesse et la vie !

Où donc est le bonheur, disais-je ? — Infortuné !
Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l'avez donné !

samedi 26 avril 2014

L'offrande lyrique


I
 Tu m’as fait infini, tel est ton plaisir. Ce frêle calice tu l’épuises sans cesse et le remplis sans cesse à neuf de fraîche vie.
Cette petite flûte de roseau, tu l’as emportée par les collines et les vallées et tu as soufflé, au travers, des mélodies éternellement neuves.
À l’immortel toucher de tes mains, mon cœur joyeux échappe ses limites et se répand en ineffables épanchements.
Tes dons infinis, je n’ai que mes étroites mains pour m’en saisir. Mais les âges passent et encore tu verses et toujours il reste de la place à remplir.

II
 Quand tu m’ordonnes de chanter, il semble que mon cœur doive crever d’orgueil ; et je regarde vers ta face, et des pleurs me viennent aux yeux.
Tout le rauque et le dissonant de ma vie fond en une seule suave harmonie — et mon adoration éploie les ailes comme un joyeux oiseau dans sa fuite à travers la mer.
Je sais que tu prends plaisir à mon chant. Je sais que, comme un chanteur seulement, je suis admis en ta présence.
Mon chant largement éployé touche de l’extrémité de son aile tes pieds que je désespérais d’atteindre.
Ivre de cette joie du chanter, je m’oublie moi-même et je t’appelle ami, toi qui es mon Seigneur.

III

Mais comment toi tu chantes. Maître, je l’ignore ! Et j’écoute toujours dans l’éblouissement silencieux.
La lumière de ta musique illumine le monde. Le vital souffle de ta musique roule de ciel en ciel.
Le flot sacré de ta musique à travers les digues de pierre se fait jour et se précipite.
Mon cœur aspire à se joindre à ton chant, mais s’efforce en vain vers la voix. Je parlerais... Mais aucun chant ne se forme de mon langage et je me lamente confus. Ah ! tu as fait mon cœur captif, Maître, dans les lacs infinis de ta musique.

 IV
 Vie de ma vie, toujours j’essaierai de garder mon corps pur, sachant que sur chacun de mes membres repose ton vivant toucher.
Toujours j’essaierai de garder de toute fausseté mes pensées, sachant que tu es cette vérité qui éveille la lumière de la raison dans mon esprit.
Toujours j’essaierai d’écarter toute méchanceté de mon cœur et de maintenir en fleur mon amour, sachant que tu as ta demeure dans le secret autel de mon cœur.
Et ce sera mon effort de te révéler dans mes actes, sachant que c’est ton pouvoir qui me donne force pour agir.

V
 Je te demande en grâce, permets qu’un instant je me repose à tes côtés. Les œuvres que j’ai entreprises, je les finirai par la suite.
Privé de la vue de ta face, mon cœur ne connaît ni repos, ni répit, et mon labeur n’est plus qu’une peine infinie dans un illimité désert de peine.
Aujourd’hui l’été est venu à ma fenêtre avec ses murmures et ses soupirs et les abeilles empressées font la cour au bosquet fleuri.
Voici l’heure de la quiétude et de chanter, face à face avec toi, la consécration de ma vie, dans le silence de ce surabondant loisir.

VI
 Cueille cette frêle fleur, prends-la vite! De crainte qu’elle ne se fane et ne s’effeuille dans la poussière.
S’il n’y a point place pour elle dans ta guirlande, fais-lui pourtant l’honneur du contact douloureux de ta main ; cueille-la.
Je crains que le jour ne s’achève avant que je ne m’en doute et que le temps de l’offertoire ne soit passé.
Bien que sa couleur soit discrète et que timide soit sa senteur, prends cette fleur à ton service et cueille-la tandis qu’il en est temps.

VII
 Mon chant a dépouillé ses parures. Je n’y mets plus d’orgueil.
Les ornements gêneraient notre union ; ils s’interposeraient entre nous, et le bruit de leur froissement viendrait à couvrir tes murmures.
Ma vanité de poète meurt de honte à ta vue. Ô Maître-Poète ! je me suis assis à tes pieds. Que seulement je fasse de ma vie une chose simple et droite, pareille à une flûte de roseau que tu puisses emplir de musique.

samedi 26 octobre 2013

J'ai trouvé mon cinquième élément

Dans le vent, humant ses parfums enivrants
Des poisons déguisés en douceurs vanillées
Iris, tiaré, santal, ambre, tous entêtant...
Mon instinct s'égarait sur ces ondes éthérés
Par mes sens drogués quand sa peau effleurant.

Plongeant dans sa chair, goutant sa sueur,
Je me suis délecté de ses saveurs salées
Cherchant dans la matrice, son ultime faveur,
J'ai échoué sur les rivages, encore esseulé,
Des mirages océanes de cette sirène sans cœur.

Dans le feu d'un astre, peut-être ma destinée ?
La chaleur d'une âme qui m'aurait fait frémir
Nous consuma sans charme ; désirs fabulés.
Dans la sècheresse de son âtre, j'ai cru mourir.
Perdre mon être dans les cendres et la fumée.

Ensuite réfugié en une terre amicale,
Tentant d'y semer l'esprit d’Éros et Psyché,
Dans ses larges sillons frigides et banals,
Je n'ai récoltés que des sourires forcés,
Des sentiments diffus, des attentions triviales.

Où es-tu Leeloo ?

---

Sur ce pont en juillet, Alisa apparut.
Soirée à son image, ingénue et légère,
Me dévorant de son regard brillant et vert,
Déjà j'oubliais mes éléments corrompus.

C'est pour ce nouvel horizon aux slaves accents
Que mon cœur s’emballait, envouté par les chants
De cette féline blondeur aux multiples talents.

Mais je n'allais pas m'installer dans sa contrée,
Alisa m'offrait son amour, son avenir,
Prête à sacrifier sa renommée pour venir
Vivre à mes côtés et une famille fonder.

Tout mon être, guidé par de nobles sentiments,
Devant toi s'incline pour te dire oui humblement.
Alisa, mon amour, mon cinquième élément.

samedi 24 août 2013

В сердце моём


В сердце моём веселится дитя,
Прыгая резво в лугах,
Рвутся герои, с рисунка сойдя,
В рыцарский бой на мечах.

В сердце моём всё живёт Гулливер,
Смотрит глазами истца,
Ходит по свету и ищет ответ,
В чём слабость и сила глупца?

В сердце моём миллионы светил,
Запахи, звуки и свет,
Праздники, пляски... Безумство и пыл
В нежности гасит поэт.

В Сердце моём Дон Жуан-ворожей
Взглядом способный раздеть...
«Жгучие ласки и страстность речей»
Жаждет любимой воспеть.

В сердце моём всемогущность ветров,
Воля весь мир покорить,
Мудрость и щедрость царей и творцов,
Жаждущих строить и жить.

В сердце моём все мужчины Земли,
Празднуюя чувства и страсть,
Сердце откроют в порыве любви,
Коль сможешь супругой им стать.

dimanche 10 mars 2013

Où donc est le bonheur ?



Sed satis est jam posse mori.
Mais c'est déjà assez d'être mortel.
Lucain


Où donc est le bonheur ? disais-je. — Infortuné !
Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l'avez donné.

Naître, et ne pas savoir que l'enfance éphémère,
Ruisseau de lait qui fuit sans une goutte amère,
Est l'âge du bonheur, et le plus beau moment
Que l'homme, ombre qui passe, ait sous le firmament !

Plus tard, aimer, — garder dans son cœur de jeune homme
Un nom mystérieux que jamais on ne nomme,
Glisser un mot furtif dans une tendre main,
Aspirer aux douceurs d'un ineffable hymen,
Envier l'eau qui fuit, le nuage qui vole,
Sentir son cœur se fondre au son d'une parole,
Connaître un pas qu'on aime et que jaloux on suit,
Rêver le jour, brûler et se tordre la nuit,
Pleurer surtout cet âge où sommeillent les âmes,
Toujours souffrir ; parmi tous les regards de femmes,
Tous les buissons d'avril, les feux du ciel vermeil,
Ne chercher qu'un regard, qu'une fleur, qu'un soleil !

Puis effeuiller en hâte et d'une main jalouse
Les boutons d'orangers sur le front de l'épouse ;
Tout sentir, être heureux, et pourtant, insensé !
Se tourner presque en pleurs vers le malheur passé ;
Voir aux feux de midi, sans espoir qu'il renaisse,
Se faner son printemps, son matin, sa jeunesse,
Perdre l'illusion, l'espérance, et sentir
Qu'on vieillit au fardeau croissant du repentir !
Effacer de son front des taches et des rides ;
S'éprendre d'art, de vers, de voyages arides,
De cieux lointains, de mers où s'égarent nos pas ;
Redemander cet âge où l'on ne dormait pas ;
Se dire qu'on était bien malheureux, bien triste,
Bien fou, que maintenant on respire, on existe,
Et, plus vieux de dix ans, s'enfermer tout un jour
Pour relire avec pleurs quelques lettres d'amour !

Vieillir enfin, vieillir ! comme des fleurs fanées
Voir blanchir nos cheveux et tomber nos années,
Rappeler notre enfance et nos beaux jours flétris,
Boire le reste amer de ces parfums aigris,
Être sage, et railler l'amant et le poète,
Et, lorsque nous touchons à la tombe muette,
Suivre en les rappelant d'un œil mouillé de pleurs
Nos enfants qui déjà sont tournés vers les leurs !

Ainsi l'homme, ô mon Dieu ! marche toujours plus sombre
Du berceau qui rayonne au sépulcre plein d'ombre.
C'est donc avoir vécu ! c'est donc avoir été !
Dans la joie et l'amour et la félicité
C'est avoir eu sa part ! et se plaindre est folie.
Voilà de quel nectar la coupe était remplie !

Hélas ! naître pour vivre en désirant la mort !
Grandir en regrettant l'enfance où le cœur dort,
Vieillir en regrettant la jeunesse ravie,
Mourir en regrettant la vieillesse et la vie !

Où donc est le bonheur, disais-je ? — Infortuné !
Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l'avez donné !

jeudi 18 octobre 2012

New feelings


Heart beat
No fear
So far
Smash hit
No tear
You are
My VIP
I cheer
Whole you
So deep
My dear
Love you

Nuit


НОЧЬ
Мой голос для тебя и ласковый и томный
Тревожит поздное молчанье ночи темной.
Близ ложа моего печальная свеча
Горит; мои стихи, сливаясь и журча,
Текут, ручьи любви, текут, полны тобою.
Во тьме твои глаза блистают предо мною,
Мне улыбаются, и звуки слышу я:
Мой друг, мой нежный друг... люблю... твоя... твоя!.. 


NIGHT
My voice is for you both tender and languid
Disturbs the later silence of a night's dark.
Near my bed a sad candle
Burns; my verses, merging and murmuring,
Flow, the love streams, flow, are full you.
In the darkness, your eyes shine before me
Smile to me, and the sounds are heard to me:
My friend, my gentle friend... I love... Yours... Yours!.

vendredi 24 août 2012

Désir

Je voudrais dans un chant mettre toute mon âme,
Le rayon du ciel bleu, le parfum des grands bois,
La force du soleil, la chaleur de la flamme,
Et toutes les beautés comme toutes les voix...

Mais il faudrait un luth aux cordes plus puissantes :
Devant ce grand désir le mien pleure attristé ;
Tel l’oiseau qui, malgré ses ailes frémissantes,
Doit s’arrêter vaincu devant l’immensité.

Il aura beau franchir les mornes étendues,
S’égarer au milieu des univers nouveaux,
Effleurer en passant les sphères suspendues
Dans l’éternelle nuit où tremblent leurs flambeaux :

Si loin qu’il puisse aller en sa course rapide,
Il ne verra jamais les bornes de l’azur ;
Jamais son vol hardi n’atteindra dans le vide
La limite inconnue où finit le ciel pur.

Chanson du soir

Sur nos fronts déployant ses ailes,
La nuit aux yeux rêveurs étend
Son voile émaillé d’étincelles
Comme la robe d’un sultan.

Le lac enveloppe ses grèves
D’un long baiser rempli d’amour :
Le monde s’abandonne aux rêves
Qui naissent au déclin du jour.

L’âme s’envole sur la trace
D’un nuage au reflet vermeil,
Qui fuit tout joyeux dans l’espace
A la poursuite du soleil.

Elle franchit les monts tranquilles,
Qui vont songeurs dans l’infini
Perdre leurs sommets immobiles
Où les grands aigles font leur nid.

Elle sourit aux vertes plaines
Où paissent les troupeaux joyeux,
Écoute les chansons lointaines
Qui montent dans l’azur des cieux ;

Elle se penche sur les rives
Des grands fleuves au bord glissant,
Et dont les ondes fugitives
A l’inconnu vont en dansant ;

Elle effleure les sombres plages
Où, contre les rochers géants,
Viennent avec des cris sauvages
Mourir les flots des océans ;

Elle erre sur les forêts vierges,
Passe au-dessus des hauts palmiers
Dont les troncs droits semblent les cierges
D’un temple aux immenses piliers....

Et, quittant les terres connues,
Elle s’en va, d’un seul élan,
Au delà des rapides nues,
Dans le grand ciel étincelant.

Puis elle s’arrête, indécise,
Croyant reconnaître, égaré
Dans un murmure de la brise,
Un timbre de voix adoré....

Doux souvenir d’êtres qu’elle aime,
Partis pour des lieux inconnus,
Et qui, depuis l’heure suprême,
Ne sont, hélas ! pas revenus !...

Et l’âme, triste, se réveille,
Frissonnant dans l’ombre du soir :
Le nuage à l’aile vermeille
A disparu dans le ciel noir...

Qui es-tu ?

 

Je suis de ces rêveurs qui vont, l’âme joyeuse,
Errer dans la forêt sombre et mystérieuse
Où volent les oiseaux ;
Qui voudraient s’arrêter devant chaque merveille.
Devant chaque brin d’herbe, et qui prêtent l’oreille
Aux chansons des ruisseaux.

Je suis de ces rêveurs pour qui le bois sauvage,
Avec son dôme noir qui retient au passage
Les rayons du soleil,
Avec l’acre senteur des superbes fougères,
Avec les grands sapins aux aiguilles légères,
Semble un palais vermeil.

Je suis de ces rêveurs que la nature enchante,
Qui préfèrent, dans l’ombre, un rossignol qui chante,
Aux concerts des cités ;
Qui, d’une étoile d’or s’élevant dans la brune,
D’un vieux clocher qui luit sous un baiser de lune,
Se sentent transportés.

Je suis de ces rêveurs que la nature enivre,
Qui veulent lire en elle ainsi que dans un livre
Aux autres cœurs fermé ;
Séduits par un insecte aux élytres dorées.
Par une fleur nouvelle, aux profondeurs nacrées,
Au calice embaumé.

Je suis de ces rêveurs affamés de chimères,
Qui s’en vont, oubliant les tristesses amères,
Errer dans le ciel bleu,
Et poursuivre un nuage étrange qui s’efface,
Un astre rayonnant qui sillonne l’espace
Comme un serpent de feu.

Je suis de ces rêveurs que l’espérance anime,
Et qui, de la vallée, aspirent à la cime
D’où l’on voit l’inconnu ;
Qui cherchent à monter et non pas à descendre,
Qui cherchent à sonder, qui cherchent à comprendre
Ce qu’ils n’ont pas connu.

Je suis de ces rêveurs qu’une seule caresse
Suffit pour entraîner à ta suite, maîtresse,
O muse au front sacré !
Car tous ces rêveurs-là sont tes fils, les poètes,
Qui n’ont pas d’autre joie et n’ont pas d’autres fêtes
Que ton culte adoré.

jeudi 12 juillet 2012

A une femme

Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !

Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L’éternité, l’espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !

mercredi 11 juillet 2012

Le toucher


Les arbres ont gardé du soleil dans leurs branches.
Voilé comme une femme, évoquant l’autrefois,
Le crépuscule passe en pleurant…
Et mes doigts Suivent en frémissant la ligne de tes hanches.

Mes doigts ingénieux s’attardent aux frissons
De ta chair sous la robe aux douceurs de pétale…
L’art du toucher, complexe et curieux, égale
Les rêves des parfums, le miracle des sons.

Je suis avec lenteur le contour de tes hanches,
Tes épaules, ton col, tes seins inapaisés.
Mon désir délicat se refuse aux baisers ;
Il effleure et se pâme en des voluptés blanches.

mardi 10 juillet 2012

Chair des choses

Je possède, en mes doigts subtils, le sens du monde,
Car le toucher pénètre ainsi que fait la voix,
L'harmonie et le songe et la douleur profonde
Frémissent longuement sur le bout de mes doigts.

Je comprends mieux, en les frôlant, les choses belles,
Je partage leur vie intense en les touchant,
C'est alors que je sais ce qu'elles ont en elles
De noble, de très doux et de pareil au chant.

Car mes doigts ont connu la chair des poteries
La chair lisse du marbre aux féminins contours
Que la main qui les sait modeler a meurtries,
Et celle de la perle et celle du velours.

Ils ont connu la vie intime des fourrures,
Toison chaude et superbe où je plonge les mains !
Ils ont connu l'ardent secret des chevelures
Où se sont effeuillés des milliers de jasmins.

Et, pareils à ceux-là qui viennent des voyages.
Mes doigts ont parcouru d'infinis horizons,
Ils ont éclairé, mieux que mes yeux, des visages
Et m'ont prophétisé d'obscures trahisons.

Ils ont connu la peau subtile de la femme,
Et ses frissons cruels et ses parfums sournois...
Chair des choses ! J'ai cru parfois étreindre une âme
Avec le frôlement prolongé de mes doigts...

vendredi 6 juillet 2012

Entends-tu ? le songe de tes nuits blêmes

Entends-tu le songe de tes nuits blêmes
Ceux au creux de ton âme endormi
Quand l'inconnu embaume tes rêves
Celui qui t’envoûte sous les paupières

Vois-tu ses images au creux de ta mémoire
Celles qui défilent aussi vite que la lumière
Celle qui te berce dans sa pénombre destinée
T'emportant avec elle dans son dilemme

Le vois-tu? Ce rêve éphémère
Qui ce voile à l'éclat de tes désirs
Comme une nuance après l'oracle
Tel un souhait avant le crépuscule

Voyagent dans son éternel horizon
Valsent sur ses dunes étendus de rêverie
Aussi beau qu'un arc-en-ciel après la pluie
Lorsque l'océan de tes rêves affronte tes soupirs

dimanche 1 juillet 2012

Osez là

Sublimement excitante
Ostensiblement provocante
Diaboliquement Lubrique
Outrageusement déconcertante
Merveilleusement permissive
Irrésistiblement jouissive
Exponentiellement extatique

Indice : l'acrostiche a poussé ce poème dans la catégorie "Hot"...
Merci Vincent

jeudi 28 juin 2012

Seulement entre chat et chatte ?


Qu'entends-je ?

- "Je suis comme une chatte en chaleur, sur un toi brûlant.
Ma truffe rose humant tes odeurs, que j'aime ces instants,
Et leurs promesses de charnels envoutements..."

Tous les poils de ma moustache à ma queue
Se redressent et frissonnent quand j'entends
Tes Maouuu, tes miaulements entêtants

- "Ô ma chatte, je t'admire, je te veux
Quand tu dévoiles tes charmes savamment,
Et me couvre de léchouilles lentement."

- "Ô toi mon mâle, mon matou si coquin, si malin,
Que j'aime dans tes caresses, leurs doux desseins,
Et le réveil par tes griffes passionnées."

Quel est donc ce désir dans tes yeux illuminés ?
- "Oh oui viens te frotter à la cheminée de Pierre,
Et à ce moi brulant, à genou exhausse ma prière."

- "Et toi, si tu donnais ta langue à ma chatte,
Offre moi des frissons jusqu'aux pattes,
Abreuve toi de ma délicieuse huile."

- "Oh oui, prélasse toi allongée sur ces tuiles,
Que c'est bon de te boire, je te lape.
T’emmener à la prochaine étape..."

Ne serait-ce qu'un dialogue fantasmé ?

Toute une heure, toute une vie, cela autant que tu veux,
Au nom du Bonheur, sur mon sang, je fais le vœux
Que nos étreintes passionnées nous entrainent
Aux confins de l'Amour libre de toute chaine,
Sublimé par le Respect et la Liberté,
Que les Délires de Plaisir marquent notre destinée,
Et qu'un Amour aussi pur que la Vérité
Nous anime corps et âme, pour l'éternité.