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dimanche 6 septembre 2020

Où donc est le bonheur ?

 Sed satis est jam posse mori.

Mais c'est déjà assez d'être mortel.
Lucain

Où donc est le bonheur ? disais-je. — Infortuné !
Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l'avez donné.

Naître, et ne pas savoir que l'enfance éphémère,
Ruisseau de lait qui fuit sans une goutte amère,
Est l'âge du bonheur, et le plus beau moment
Que l'homme, ombre qui passe, ait sous le firmament !

Plus tard, aimer, — garder dans son cœur de jeune homme
Un nom mystérieux que jamais on ne nomme,
Glisser un mot furtif dans une tendre main,
Aspirer aux douceurs d'un ineffable hymen,
Envier l'eau qui fuit, le nuage qui vole,
Sentir son cœur se fondre au son d'une parole,
Connaître un pas qu'on aime et que jaloux on suit,
Rêver le jour, brûler et se tordre la nuit,
Pleurer surtout cet âge où sommeillent les âmes,
Toujours souffrir ; parmi tous les regards de femmes,
Tous les buissons d'avril, les feux du ciel vermeil,
Ne chercher qu'un regard, qu'une fleur, qu'un soleil !

Puis effeuiller en hâte et d'une main jalouse
Les boutons d'orangers sur le front de l'épouse ;
Tout sentir, être heureux, et pourtant, insensé !
Se tourner presque en pleurs vers le malheur passé ;
Voir aux feux de midi, sans espoir qu'il renaisse,
Se faner son printemps, son matin, sa jeunesse,
Perdre l'illusion, l'espérance, et sentir
Qu'on vieillit au fardeau croissant du repentir !
Effacer de son front des taches et des rides ;
S'éprendre d'art, de vers, de voyages arides,
De cieux lointains, de mers où s'égarent nos pas ;
Redemander cet âge où l'on ne dormait pas ;
Se dire qu'on était bien malheureux, bien triste,
Bien fou, que maintenant on respire, on existe,
Et, plus vieux de dix ans, s'enfermer tout un jour
Pour relire avec pleurs quelques lettres d'amour !

Vieillir enfin, vieillir ! comme des fleurs fanées
Voir blanchir nos cheveux et tomber nos années,
Rappeler notre enfance et nos beaux jours flétris,
Boire le reste amer de ces parfums aigris,
Être sage, et railler l'amant et le poète,
Et, lorsque nous touchons à la tombe muette,
Suivre en les rappelant d'un œil mouillé de pleurs
Nos enfants qui déjà sont tournés vers les leurs !

Ainsi l'homme, ô mon Dieu ! marche toujours plus sombre
Du berceau qui rayonne au sépulcre plein d'ombre.
C'est donc avoir vécu ! c'est donc avoir été !
Dans la joie et l'amour et la félicité
C'est avoir eu sa part ! et se plaindre est folie.
Voilà de quel nectar la coupe était remplie !

Hélas ! naître pour vivre en désirant la mort !
Grandir en regrettant l'enfance où le cœur dort,
Vieillir en regrettant la jeunesse ravie,
Mourir en regrettant la vieillesse et la vie !

Où donc est le bonheur, disais-je ? — Infortuné !
Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l'avez donné !

jeudi 31 décembre 2015

Happy new year 2016

I wish for you a lot of dreams that never end, and the staunch desire to achieve some of them. I wish for you to love what deserves to be loved and to forget what should be forgotten. I wish for you passions, I wish you silences, I wish you bird songs upon awakening and children laughs.

Afficher l'image d'origineI wish for you to respect people differences because each skill has to be discovered with patience and humility. I wish you to resist to stalemate, to indifference, to fears and to harmful virtues of our times.

I wish for you to never give up adventure, love, research and truth, because life is a challenge and everyone should engage to protect its fragility and emphasis its beauty.
Afficher l'image d'origine
Above all, I wish for you to be yourself, and find your own way to happiness.

Source: personal translation inspired by Jacques Brel.

vendredi 20 février 2015

dimanche 20 janvier 2013

Epictète


Epictète est un de mes auteurs favoris. La profondeur et la concision de ses propos les rendent d'une efficacité redoutable, accessibles et applicables à notre quotidien. J'ai trouvé dans ces propos des clés pour comprendre le "lâcher prise".

S'il ne fallait retenir qu'une seule de ses pensées, je garderais celle-ci :

"Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu'ils portent sur les choses. Ainsi la mort n’a rien de redoutable, autrement elle aurait paru telle à Socrate ; mais le jugement que la mort est redoutable, c’est là ce qui est redoutable. Ainsi donc quand nous sommes contrariés, troublés ou peinés, n’en accusons jamais d’autres que nous-même, c’est-à-dire nos propres jugements. Il est d’un ignorant de s’en prendre à d’autres de ses malheurs ; il est d’un homme qui commence à s’instruire de s’en prendre à lui-même ; il est d’un homme complètement instruit de ne s’en prendre ni à un autre ni à lui-même."

Je ne peux que vous encourager à investir quelques minutes de votre temps à lire le contexte de son existence et ses recueils de pensées...

Sources :
- Biographie
- Manuel d'Epictète 
- Les entretiens d'Epictète recueillis par Arrien

dimanche 6 janvier 2013

Vous pouvez maintenant éteindre votre télévision

... et reprendre une activité normale. A tchao, bon dimanche.

J'adorais ce slogan qui clôturait "La semaine des Guignols". Et vous ?
Je ne sais plus si j'en aimais la pertinence prétentieuse ou bien la prétention pertinente.

En tout cas, à l'heure où un opérateur prétend faire obstacle à la pub sur Internet et fait trembler les bergers qui canalisent nos ovines et molles pensées vers des idées prémachées, ça vaut le coup de se pencher (à nouveau) sur les prétendues vertus du petit écran.

Si vous suiviez le conseil des Guignols, que deviendrait votre vie ?
Éteindre la télé pour de bon, 1 jour par semaine, 1 semaine par mois, définitivement...
Difficile ? Vraiment ? L'homme ne vit avec une télé que depuis 50 ans.
Quelles sont vos véritables motivations ?
Regarder la télé contribue t'il à votre bonheur ?


Je vous livre d'abord mon avis partisan. Je viens de me faire une rétrospective des meilleures choses qui me soient arrivées en 2012 et même ces dernières années. Une des plus belles choses est survenue en 2008, j'avais décidé d'abandonner ma télévision. Un concours de circonstances. Une opportunité. Quelle ne fut pas mon inspiration ce jour là ! Elle s'est révélée d'un immense bénéfice pour moi car je ne serais pas devenu celui que je suis si j'avais gardé une télé. Si, si. J'ai trouvé du temps pour lire, pour me découvrir, pour rencontrer et découvrir de nombreuses autres personnes. Des gens qui causent, qui partagent leurs expériences extraordinaires ou banales, des sentiments, des vrais, des humains qui disent oui ou merde et qui ne font pas qu'obéir comme quand j'agitais la zappète. Je me suis considérablement socialisé, ouvert au monde et surtout à moi même.

Il parait que les Français dépensent plusieurs heures par jour devant le petit écran au détriment de nombreuses autres activités plus épanouissantes... Et vous, vous en êtes où ? Le bonheur est-il dans votre zappète ?

Je craints que non. Ce n'est plus moi qui le dit, mais une étude américaine publiée en 2008 après 34 ans d'investigation sur 45000 personnes. Fouchtra, ça rigole pas chez les Ricains quand le bonheur est en jeu !
Voici le résumé original et un extrait de la conclusion (plus loin ça reprend dans la langue d'Hugo) :

"Little attention in the quality-of-life literature has been paid to data on the daily activity patterns of happy and less happy people. Using ratings-scale information from time-diary studies, this article examines the hypothesis that people who describe themselves as happier engage in certain activities more than those who describe themselves as less happy. Based on 34 years of data collected by the General Social Survey (GSS) on social activities and media usage, it is found that people who are happy report being more active in most social activities, in religion and in newspaper reading. On the other hand, happier people report less time watching television, a relation that holds after control for education, marital status and other predictors of happiness. The need to replicate these findings using panel data is highlighted."

[...]

"This could lead us to two possible interpretations:


  1. Television viewing is a pleasurable enough activity with no lasting benefit, and it pushes aside time spent in other activities—ones that might be less immediately pleasurable, but that would provide long-term benefits in one’s condition. In other words, television does cause people to be less happy.
  2. Television is a refuge for people who are already unhappy. TV is not judgmental nor difficult, so people with few social skills or resources for other activities can engage in it. Furthermore, chronic unhappiness can be socially and personally debilitating and can interfere with work and most social and personal activities, but even the unhappiest people can click a remote and be passively entertained by a TV. In other words, the causal order is reversed for people who watch television; unhappiness leads to television viewing. This argument makes it possible to discuss it in Table 2.

In tandem, these points have parallels with addiction; since addictive activities produce momentary pleasure but long-term misery and regret. People most vulnerable to addiction tend to be socially or personally disadvantaged, with TV becoming an opiate."

Si nécessaire, il existe une synthèse en Français sur 20 minutes.

Alors, vous n'êtes pas complètement heureux parce que vous regardez la télé ou bien vous regardez la télé parce que vous n'êtes pas complètement heureux ? En tout cas, ça vaut le coup d'essayer une cure de désintoxication.

Certains me diront sincèrement qu'il y a des choses bien à la télé. Qu'aurais-je donc loupé en 5 ans ?
Des films ? j'en ai jamais autant vu sur grand écran ou bien en DVD ou téléchargé (légalement). Des reportages ? C'est vrai, certains sont bien faits, enrichissants, critiques. Il y en a aussi d'excellents dans les journaux en ligne ou papier. Tout le reste ? Poubelle. De toute façon, ça rentre par une oreille et ça ressort par l'autre. A moins qu'il n'y ait quelques petits germes qui restent et poussent entre les deux...

Souvenez-vous ce que disait le PDG de TF1 en 2004 :
« Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective 'business', soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. […] Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible." Source : Acrimed

Qu'attendez-vous pour couper le cordon cathodique avant que lui ou du Coca n'entrent dans vos gènes ?

J'attends avec impatience la prochaine étude sur l'impact des heures passées sur Internet sur notre développement personnel.


Vous pouvez maintenant quitter mon blog, fermer internet, et reprendre une activité sociale épanouissante.

jeudi 3 janvier 2013

Tous mes voeux de bonheur


Je vous souhaite de prendre soin de vous tout en respectant les autres et votre environnement...

Je vous souhaite d'être vous-même. Et si vous savez qui vous êtes, d'apprendre à mieux vous connaître, à apprivoiser toutes vos peurs, à faire de votre mieux en chaque instant, à faire les choix qui contribuent à votre bonheur.

Je vous souhaite des rencontres et des lectures édifiantes, de pointer la lumière là où il fait sombre et de trouver des trésors.

Je souhaite que vos mains soient l’artisan fidèle et agile de votre parole et que votre parole soit l’expression de vos pensées en toute spontanéité, lucidité et authenticité.

Je vous souhaite de trouver votre équilibre, votre harmonie, et que votre bonheur soit contagieux.

vendredi 28 décembre 2012

Rencontrer ses peurs

Apprends à connaître tes peurs.
Leur apparence semble hostile, mais leur coeur est amical.
Elles nous guident dans notre intimité et nous enseignent que croire n'est pas savoir.

lundi 10 décembre 2012

Eat, pray, love





J'ai été très ému par ce film. Une très belle surprise pour moi.
Rempli de joie, j'ai décidé de le mettre en avant. J'ai alors lu les critiques et là aussi, j'ai été très surpris par les critiques négatives. Elles sont concentrées sur la longueur du film, les bons sentiments, les clichés, Julia Robert omniprésente.

J'avais choisi de regarder ce film car le titre et le synopsis m'avaient interpellé  je n'avais même pas vu la bande annonce ni les critiques.
La déception est le fait de vivre une chose qui n'est pas celle qui était prévue, attendue. Peut être que les critiques fondaient des espoirs insatisfaits par ce film. Pour ma part, je n'attendais rien, et j'ai beaucoup reçu. Je ne l'ai pas trouvé trop long (même en regardant la version intégrale non coupée en VO) car je voyageais. J'ai ressenti beaucoup d'émotions, j'ai apprécié l'histoire, les acteurs, et mêmes les clichés...

Je n'ai jamais visité New York, ni Rome, ni Delhi, ni Bali, mais j'avais quelques images en tête. Certes le film en donne des images réductrices et alors ? Qui n'a pas de stéréotypes ?
Ce n'est pas ce que je retiens le plus. Certes le parcours de l’héroïne est ponctué de cartes postales et aussi de clichés spirituels, mais l'auteur n'avait pas l'ambition de créer un documentaire touristique ni un guide spirituel. Certains critiques y ont peut être cru. Et puis chaque cliché, chaque photo, contient une part de vérité... Alors soyons indulgent et prenez le temps de lire entre les pixels.

Voyager c'est d'abord voir avec de nouveaux yeux, selon Proust. Se déplacer n'est pas une condition à la découverte, mais quand le voyage bouscule nos repères alors on s'enrichit. Certains voyages vont ainsi provoquer des prises de conscience. Ces voyages, ces rencontres ont marqué la vie d'Elizabeth Gilbert, l'auteur du livre dont ce film est inspiré.

J'ai été ému car j'ai retrouvé de nombreuses étapes de mon propre voyage intérieur. Et chaque symbole faisait écho à des choses que j'avais apprises. D'où ma joie de me remémorer certaines révélations et de savoir que d'autres ont trouvé leur voie (je pense à Elizabeth Gilbert et non pas à Julia Roberts).

J'incite à regarder ce film comme une invitation au voyage, surtout au voyage intérieur et pourquoi pas touristique. N'en attendez aucune méthode spirituelle, ni aucune réponse à vos questions, laissez vous juste porter... Et si certains clichés font écho en vous, vous font réagir, vous aurez déjà gagné quelque chose. Creusez le sujet. Je vous invite à gratter les palimpsestes de votre vie et à jouir de vos découvertes, de vos rencontres, de votre rencontre...

Bon voyage

samedi 8 décembre 2012

Chemin de la vie

Exister est un fait, vivre est un art.
Tout le chemin de la Vie c'est passer de l'ignorance à la Connaissance, de la peur à l'Amour.

vendredi 17 février 2012

Le bonheur est le chemin, pas la destination




Une des clés du bonheur selon le courant taoïste...

Extrait du "Guerrier Pacifique", film tiré du roman de Dan Millman.

dimanche 12 février 2012

Le jour où je me suis aimé pour de vrai



Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
j’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Estime de soi.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle
n’étaient rien d’autre qu’un signal
lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… Authenticité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de vouloir une vie différente
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive
contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… Maturité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à percevoir l’abus
dans le fait de forcer une situation ou une personne,
dans le seul but d’obtenir ce que je veux,
sachant très bien que ni la personne ni moi-même
ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment…
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… Respect.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire,
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… Amour propre.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé d’avoir peur du temps libre
et j’ai arrêté de faire de grands plans,
j’ai abandonné les méga-projets du futur.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime
quand cela me plait et à mon rythme.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… Simplicité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison,
et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert … Humilité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois.
Et cela s’appelle… Plénitude.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
Mais si je la mets au service de mon cœur,
elle devient un allié très précieux !

Tout ceci contribue au savoir être.

Chacun porte son bonheur dans son coeur


Il était une fois un vieil homme assis à l’entrée d’une ville du Moyen-Orient.

Un jeune homme s’approcha et lui dit :
- "Je ne suis jamais venu ici ; comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?"

Le vieil homme lui répondit par une question :
- "Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?"
- "Égoïstes et méchants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’étais bien content de partir", dit le jeune homme. Le vieillard répondit :
- "Tu trouveras les mêmes gens ici."

Un peu plus tard, un autre jeune homme s’approcha et lui posa exactement la même question.
- "Je viens d’arriver dans la région ; comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?"
Le vieille homme répondit de même :
- "Dis-moi, mon garçon, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ? "
- "Ils étaient bons et accueillants, honnêtes ; j’y avais de bons amis ; j’ai eu beaucoup de mal à la quitter"
, répondit le jeune homme.
- "Tu trouveras les mêmes ici", répondit le vieil homme.

Un marchand qui faisait boire ses chameaux non loin de là avait entendu les deux conversations. Dès que le deuxième jeune homme se fut éloigné, il s’adressa au vieillard sur un ton de reproche :
- "Comment peux-tu donner deux réponses complètement différentes à la même question posée par deux personnes ? "
-  "Celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres"
, répondit le vieillard. "Chacun porte son univers dans son cœur."

samedi 11 février 2012

Les Trois Portes de la Sagesse

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.

- Éclaire-moi sur le Chemin de la Vie, demanda le Prince.
- Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras trois portes. Lis les préceptes inscrits sur chacune d’elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela
dans ton cœur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.

Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire :

“Change le Monde.”

C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas.
Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du cœur. Il réussit à changer certaines choses, mais beaucoup d’autres lui résistèrent.
Bien des années passèrent. Un jour, il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :
- Qu’as-tu appris sur le chemin ?
- J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas.
- C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise. Et il disparut.
Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire :

“Change les Autres.”

- C’était bien là mon intention, pensa-t-il . Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration. Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat.
Bien des années passèrent.
Un jour, alors qu’il méditait sur l’inutilité de ses tentatives de vouloir changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :
- Qu’as-tu appris sur le chemin ?
- J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que le révélateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses.
- Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même.
Sois reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t'enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir.
Et le Vieil Homme disparut. Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots :

”Change-toi toi-même.”

Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire, se dit-il. Et il entama son troisième combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal.
Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :
- Qu’as-tu appris sur le chemin ?
- J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser.
- C’est bien, dit le Sage.
- Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ?
J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise.
- C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. Et il disparut.

Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la troisième porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait :

“Accepte-toi toi-même.”

Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu'il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens.
- Quand on combat, on devient aveugle se dit-il.
Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui: ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons.
Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s’aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.
Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :
- Qu’as-tu appris sur le chemin ?
- J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement, inconditionnellement.
- C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la troisième porte.
À peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut :

“Accepte les Autres.”

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie. Celles qu’il avait aimées et celles qu’il avait détestées. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il s’était battu.
Il rencontra à nouveau le Vieux Sage.
- Qu’as-tu appris sur le chemin ? demanda ce dernier.
- J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement.
- C’est bien, dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte. Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut:

“Accepte le Monde.“

Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose. Par leur Perfection. C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Était-ce le monde qui avait changé ou son regard ?
Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :
- Qu’as-tu appris sur le chemin ?
- J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est là, il existe, c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à l’accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement.
- C’est la troisième Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde.

Un profond sentiment de Paix, de Sérénité, de Plénitude envahit le Prince. Le Silence l’habita.
- Tu es prêt, maintenant, à franchir le Dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du Silence de la Plénitude à la Plénitude du Silence.

Et le Vieil Homme disparut.

Source : Metaphora

Lâcher Prise

Lâcher Prise, ce n'est pas se montrer indifférent
mais simplement admettre que l'on ne peut agir à la place de quelqu'un d'autre.

Lâcher prise, ce n'est pas couper les liens
mais prendre conscience qu'il ne doit pas y avoir contrôle d'autrui.

Lâcher prise, ce n'est pas être passif,
mais au contraire tirer une leçon des conséquences inhérentes à un évènement

Lâcher prise, c'est reconnaître ses limites,
c'est à dire que le résultat final n'est pas entre nos mains.

Lâcher prise, ce n'est pas blâmer ou vouloir changer autrui,
mais donner le meilleur de soi-même.

Lâcher prise, ce n'est pas prendre soin des autres
mais se sentir concerne par eux.

Lâcher prise, ce n'est pas "assister"
mais encourager.

Lâcher prise, ce n'est pas juger,
mais accorder à autrui le droit d’Être avec toutes ses imperfections comme champ d'expériences.

Lâcher prise, ce n'est pas s'occuper de tout ce qui arrive,
mais laisser les autres gérer leur propre destin, source d'éveil.

Lâcher prise, ce n'est pas materner les autres,
mais leur permettre d'affronter la réalité.

Lâcher prise, ce n'est pas rejeter,
c'est au contraire accepter.

Lâcher prise, ce n'est pas harceler, sermonner ou gronder
mais tenter de déceler ses propres faiblesses et de s'en défaire.

Lâcher prise, ce n'est pas adapter les choses à ses propres désirs,
mais prendre chaque jour comme il vient et l'apprécier sans oublier de s'aider soi-même.

Lâcher prise, ce n'est pas critiquer ou corriger autrui,
mais s'efforcer de devenir ce que l'on rêve de devenir.

Lâcher prise, ce n'est pas regretter le passé,
mais vivre et grandir pour l'avenir dans l'ici et maintenant.

Lâcher prise, c'est craindre de moins en moins
pour aimer de plus en plus.

Source : Source d'Optimisme

Il suffit parfois d'un signe...


Relativiser, c'est aussi le bonheur



Extrait de "La Belle Verte" (1996) de Coline Serreau. Un film à voir et à revoir pour prendre du recul sur nos comportements, notre manque d'ouverture d'esprit, la société de consommation.


"Ce n'est pas à la possession des biens qu'est attaché le bonheur mais à la faculté d'en jouir. Le bonheur n'est qu'une aptitude." Bernard Grasset

samedi 28 janvier 2012

Essai sur le bonheur

Le bonheur est une caresse furtive dont on ne décide pas de l'arrivée ni du moment de son départ.

Il émerge d'attitudes et de pratiques de chaque instant :
- agir avec spontanéité et avec respect envers soi
- agir avec lucidité, avec des choix réfléchis qui ne provoqueront ni regret, ni honte, ni culpabilité
- approfondir la connaissance de soi
- s'aimer soi-même
- percevoir l'essence de toute chose et de tout être, avec objectivité, sans interprétation
- développer sa compassion
- soigner ses croyances et comprendre ses pulsions
- enlever systématiquement le petit caillou qui entre dans la chaussure
- donner sans arrière pensée
- demander sans exiger
- savoir recevoir sans se nier
- savoir refuser sans blesser
- s'exprimer sans se justifier
- faire adhérer sans convaincre
- aimer l'autre sans vouloir le changer
- distinguer l'être de son apparence, de ses intentions, de ses actions
- partager sa propre expérience, sa façon de percevoir les choses sans les imposer
- respecter le libre arbitre de chacun, le droit d'être et de choisir, le droit à l'erreur, à la sagesse, à l'amour et au bonheur
- reconnaitre et respecter les émotions et les sentiments de l'autre
- se mettre à la place de l'autre pour le comprendre, pas pour choisir ni agir à sa place
- faire respecter ces mêmes droits à son égard
- regarder son passé avec indulgence car on ne savait pas, on n'avait pas conscience
- choisir d'avancer en faisant de son mieux pour progresser sereinement
- privilégier les choix qui contribuent à son bonheur plutôt qu'à la satisfaction immédiate.

Le bonheur et l'amour doivent d'abord être trouvés en soi.
Les chercher en l'autre, pire les exiger de l'autre, revient à se déresponsabiliser, à déséquilibrer la relation, à se mettre en danger et conduit à la crise voire à la rupture quand l'autre n'est plus en mesure de nous satisfaire. Les bonheurs ne s'additionnent pas mais ils se sécurisent et sont une condition essentielle à un amour réciproque durable. La sécurité vient de la plénitude et de la liberté d'être induite par les pratiques précédentes et le respect de soi-même et d'autrui.
C'est un cercle vertueux qui se parcourt avec attention et responsabilité.

Questions pour une réflexion ultérieure :
- quelle est la place pour la créativité ?
- existent-ils des limites à la liberté d'être ?
- Ces limitent réduisent-elles le bonheur ? l'amour ?
- La liberté d'être est-elle conciliable avec des compromis ?

lundi 9 janvier 2012

Les quatre accords Toltèques


1- Que votre parole soit impeccable.
Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez.
N'utilisez pas la parole contre vous-même, ni pour médire d'autrui.

2- Quoiqu'il arrive n'en faites pas une affaire personnelle.
Ce que les autres disent et font n'est qu'une projection de leur propre réalité, de leur rêve.
Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n'êtes plus victime de souffrances inutiles.

3- Ne faites pas de suppositions.
Ayez le courage de poser des questions et d'exprimer vos vrais désirs.
Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames.

4- Faites toujours de votre mieux.
Votre "mieux" change d'instant en instant.
Quelles que soient les circonstances faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d'avoir des regrets

Source : interview avec Don Miguel Ruiz